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Rock, alcool et domination masculine

by admin on déc.16, 2009, under Cinéma LUX, Friends

Le chroniqueur dans son extrême prévoyance devance parfois l’actualité. Hélas, il lui arrive de se tromper comme un vulgaire Paco Rabanne. Il avait donc écrit un texte fort émouvant intitulé Adieu l’artiste dans lequel il démontrait que Johnny Hallyday avait été un grand acteur, certes incompris mais au combien présent pour l’éternité dans les cœurs cinéphiles les plus aguerris… Vous imaginez l’extraordinaire difficulté de la chose. C’aurait été surtout un prétexte pour s’étonner qu’un acteur aussi monolithique puisse tourner chez Clouzot, Godard, Corbucci ou Costa-Gavras. Hélas, le chroniqueur a appris mardi que Johnny Hallyday sortait du coma et que sa chronique tombait à l’eau…

Heureusement, la semaine ne fut pas sans intérêt et on a appris avec grand plaisir qu’Un prophète, que vous avez pu découvrir en exclusivité au cinéma LUX, et que le chroniqueur tient pour le meilleur film français de 2009, a très justement obtenu le prix Louis Delluc. Le prix Louis Delluc n’est pas pour les rigolos, Danny Boon ne l’aura jamais (bien qu’on murmure en coulisse qu’il fait le forcing pour que soit créé un Delluc de la comédie). Ces dernières années ont été récompensés Lady Chatterley de Pascale Ferran, La Graine et le mulet d’Abdelattif Kechiche et La Vie moderne de Raymon Depardon Et Audiard rejoint ainsi les maîtres du cinéma français : Cocteau, Becker, Tati, Clouzot, Malle, Resnais, Truffaut, Godard, etc. On fait difficilement plus prestigieux comme palmarès, les César en rougissent encore.

Vous reconnaîtrez néanmoins que cela ne fait pas une chronique digne de ce nom. Soit, nous allons en profiter pour vous présenter deux sites qui méritent le détour.

Extraction

On nous pose parfois d’étrange question au vidéoclub, il s’agit pour nous de retrouver la filmographie complète d’un chef-opérateur (facile), l’ensemble des adaptations de Richard Matheson (difficile) et même pour les plus coquins toutes les scènes denudées de Naomi Watts (super dur). Pour ça en plus de notre culture forcément encyclopédique, on triche un peu, on utilise internet et ses merveilleux moteurs de recherche. Mais parfois ça se corse…

« Bonjour, je cherche le film où il y a une dame blonde qui danse seule sur scène avec une superbe robe rouge… »

« Bonjour, je travaille actuellement sur une installation autour de l’architecture et je cherche des films d’anticipation qui mettent en scène des décors urbains rétro-futuristes… »

(Le chroniqueur certifie que ces deux demandes lui ont été faites.)

On a donc des fois quelques sueurs froides… Parce qu’en plus de trouver les références, il faut aussi s’assurer qu’elles correspondent au désir du spectateur…Grâce à Vodkaster, rien n’est plus simple. Vodkaster est un agrégateur d’extrait de films avec des entrées par réalisateur et acteur mais aussi des entrées thématiques. Le site est encore récent, il regroupe donc pour l’instant des extraits déjà connus sur internet. Mais le premier avantage par rapport à un Youtube ou un Dailymotion, c’est que Vodkaster est un portail exclusivement dédié au cinéma et que cela vous évite de surfer au milieu des vidéos de petit chat et d’anniversaire du petit dernier… Le second, c’est que tout contributeur peut uploader les extraits de son choix. On espère donc d’ici quelques mois/années avoir un contenu relativement exhaustif qui sera à la fois un outil de recherche et de plaisir. Enfin, cerise sur le gâteau, Vodkaster propose des playlists d’extraits thématiques, liées à l’actualité cinématographique. Un vrai plaisir de cinéphile pervers qui fait cohabiter les classiques, les raretés, et les dernières nouveautés dans un gloubiboulga souvent jouissif, qui donne envie de voir ou revoir les films en question.

La Domination masculine

Si le film en salle est irremplaçable, il trouve maintenant une vraie seconde vie sur internet. Il y a encore beaucoup de travail à effectuer sur ce point : entre le marketing viral, la numérisation, la démocratisation de la critique, le renouveau du cinéma de niche, la diffusion du court-métrage, le boire et le manger, certains réalisateurs ont parfaitement compris en quoi la toile peut apporter un plus à leur film. Si vous avez apprécié La domination masculine, le chroniqueur ne saurait que trop vous conseiller de poursuivre la réflexion entamée en vous référant à ce dossier pédagogique de 178 pages. Bonne lecture.

Le chroniqueur vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la mort de Johnny suite à sa dramatique rechute. À moins que Tarantino n’ait un terrible accident de voiture…

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